Le lavoir du Douet des Prés

L’inauguration :

C’est le dimanche matin 24 septembre 2006, qu’a été inauguré le lavoir entièrement rénové, en présence de  l’équipe municipale et de plusieurs dizaines d’andréatains. Mr le maire a coupé le traditionnel ruban tricolore puis a fait une allocution relatant l’histoire du Douet. Ensuite l’assemblée s’est retrouvée autour du verre de l’amitié.

Petit historique :

En 1912, dans son glossaire, des TERROIRS MAUGES », Henri CORMEAU définit ainsi le douet : «  Nom, masculin, Lavoir ou plus exactement fontaine où les femmes vont laver, car le douet est toujours alimenté par une source. » L’auteur poursuit : «  … et quand je parle de lavoir, il ne faut pas songer à une citerne aménagée selon les règles du confort moderne, mais bien a un lavoir de campagne, un trou avec une barre de bois servant de tréteaux pour égoutter le linge et une pierre penchée pour le frotter et le badrasser. »

Le Douet des Prés a rendu durant plusieurs décennies de grands services aux familles du bourg. Il ne semble pas exister d’éléments indiquant une date de création du lavoir municipal. Nous pouvons cependant affirmer qu’il existait au tout début du 20ième siècle. (photo aimablement prêtée par la famille Graveleau).Quelques informations nous viennent du Chanoine Louis Tricoire, né à St André, dans  son livre « Saint André de la Marche, Cinq siècles de vie paroissiale ». Il disait à l’occasion du décès de Monsieur le Curé A. Vincent en 1911, que plusieurs épidémies avaient frappé St André au fil des siècles. Il précisait que selon le mot de nos grands-mères «les mauvaises fièvres » avaient emporté un certain nombre de personnes, «… fièvres dont l’origine pourraient bien être le fait des eaux contaminées que charriaient le ruisseau de la Jaltière… ». Il apportait même un avis personnel en écrivant « … qu’il trouvait étrange que le lavoir municipal ait été placé à l’amont du ruisseau qui traverse le bourg de son pays natal … » (photo aimablement prêtée par la famille Graveleau).

L’existence du lavoir au début du siècle est corroborée par Alain DIXNEUF, Maire Honoraire, dans le livre « Saint André de 1900 à nos jours », imprimé par les Editions Hérault en 1984. Il y indiquait que le bulletin paroissial de 1910 faisait état d’un rappel à l’ordre émis par Monsieur le Curé de l’époque demandant « … aux femmes d’être réservées quand elles sont occupées à brosser leur linge et de ne pas exercer leur tapette contre les choses de la religion … ».      

Enfin toujours le même auteur faisait état d’une lettre adressée par le Sous-Préfet de Cholet au maire le 22 octobre 1906. Celle-ci citait le rapport du docteur en charge des épidémies dans l’arrondissement, et elle invitait le maire à se conformer aux prescriptions officielles sans aucun retard. Ce rapport demandait de « …déplacer le grand lavoir situé en amont du bourg et le reporter en aval dans un endroit peu éloigné … ». Le conseil municipal du 13 janvier 1913, précise que « …l’agent-voyer cantonal (ancienne appellation de l’ingénieur du service vicinal) a été chargé d’étudier le déplacement du grand lavoir public situé en amont du bourg, et qu’il s’occupe de dresser les plans et devis qui seront soumis prochainement au conseil municipal ». Cependant ce même conseil municipal demande « … que le lavoir soit conservé en attendant la construction et l’achèvement d’un nouveau lavoir… ». De plus il suggérait de « …capter l’eau de la source et de l’amener par des tuyaux de fonte  soigneusement soudés dans un lavoir situé en aval du bourg… ». L’auteur ajoute que l’on attendit en vain le nouveau lavoir « …qui restera sur les planches à dessin par suite de difficulté dans l’acquisition d’un terrain ».     

Au dire de plusieurs personnes, le lavoir a été utilisé jusqu’au milieu des années 1960. L’afficheur municipal avait la charge de l’entretien de celui-ci. Cette mission devait être exécutée une ou plusieurs fois par mois. Généralement faite le samedi, celle-ci consistait au vidage, puis au nettoyage du lavoir et enfin à sa remise en eau. Mais attention  au week-end non pluvieux, car si le lavoir ne se remplissait pas suffisamment, le lundi, les laveuses du douet exprimaient alors fortement leur mécontentement.     

On le voit au travers de ces quelques événements relatés ici, le Douet des Près, très certainement construit avant 1900, était un sujet de préoccupation pour toute la communauté, preuve s’il en est, qu’il avait une place importante dans la vie de tous les jours des anciens andréatains.

Travaux :

Mr le maire a remercié ses deux prédécesseurs à la magistrature suprême de la commune pour avoir préservé ce site. Ce qui a permis à l’équipe municipale actuelle de décider de restaurer le lavoir. Réalisé à l’image de l’ancien lavoir, celui-ci ne se veut pas une copie conforme. Mais il se veut plutôt représenter un souvenir, une page d’histoire de notre communauté.

Le fond du bassin, les bordures de granit ainsi que le dallage autour du lavoir sont cependant d’origine. Les murs ont été reconstruits entièrement, avec une partie des anciennes pierres qui avaient été récupérées par les agents municipaux. La charpente et les tuiles sont par contre entièrement neuves, et ont été réalisées par des artisans. Les travaux réalisés par nos employés ont duré plusieurs mois. Ils y ont mis tout leur cœur et ont peut dire que le résultat est très satisfaisant.

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