Le pressoir

Pourquoi un pressoir à long fût à St André de la Marche ?Pressoir1.jpg

Dans le secteur de St André de la Marche, au XVIème siècle, le pays était alors recouvert de landes et de forêts. Le territoire présentait l’aspect d’un immense désert, marécageux et infesté. C’était un territoire stérile empêchant l’expansion de l’élevage ou de l’agriculture et entretenant la misère.

Plus tard vers le XVIIème siècle, on se mit à planter de la vigne pour essayer d’assainir les terres et rendre possible l’élevage des animaux (pour limiter la grande misère et les maladies qui sévissaient).

C’est à cette époque qu’apparurent quelques pressoirs dans divers villages. Il y avait des coteaux de vignes tout autour de St André et le raisin servait à faire du muscadet ou du vin de Noa (Noah).

  On peut encore observer sur le secteur des traces éparses de ces vignes qui ont été anéanties par l’épidémie de phylloxéra de la fin du XIXème. Cholet avait son propre Anjou et son petit vin blanc !

Mais la terre de notre secteur ne se prêtait pas à la culture de la vigne, les habitants n’avaient pas de ressources et la désertification demeurait. La culture de la vigne se révèle donc un échec. Elle cèdera sa place à celle du chanvre, plus appropriée aux sols et à l’origine de l’essor du textile et de son industrie.

Le pressoir à long fût du village de la Blouère est présent sur ce site depuis 1860, mais date à priori de 1830. Il est un témoignage d’une époque souvent méconnue de St André.

Un peu de technique

Un pressoir à long fût était confectionné pendant plusieurs semaines à partir de cinq ou six beaux chênes. La poutre inférieure, de 6 m de long et de 0,70 de côté, était un très bel arbre équarri à la hache (cette poutre n’est hélas plus visible sur le pressoir de St André).

La haute maie était une sorte de grande caisse dans laquelle était entassé le raisin pour son pressurage. La basse maie servait au stockage du raisin en grande abondance.

 Au fur et à mesure que le raisin était broyé, le jus s’écoulait dans une cuve en bois logée en terre sous le niveau de la basse maie. Le liquide s’écoulait par une ouverture appelée anche, où les gamins, à l’aide d’une paille, aspiraient le moût.

Au bout des poutres, une vis verticale commandait la montée ou la descente de la poutre supérieure qui appuyait sur le cep. La vis en bois disparut au siècle dernier. Elle fut remplacée par une vis en acier coulé à double filetage qui permettait d’obtenir une vitesse de pressurage deux fois plus grande. Avec l’arrivée de cette nouvelle vis, un espace plus grand fut disponible dans le local : les poutres purent en effet être raccourcies.  Chaque pressoir avait ainsi son bruit particulier. Le soir, lorsque le calme était retombé sur la campagne, les hommes, après souper, revenaient au pressoir, car il était de bon ton d’y retourner, même s’il n’y avait que peu de travail, voire même rien à y faire.

On ne quittait pas le pressoir avant minuit, après avoir vérifié, à l’aide d’une bougie que rien ne coulait. On entendait alors ronchonner le pressoir et ce bruit indiquait qu’il était encore au travail…