L’église et la chapelle

Histoire des vitraux dans les années 1930

Les jolis vitraux sont une page d’histoire simple de cette petite paroisse rurale de St André de la Marche dont l’église actuelle fut construite en 1837-1838. Il a fallu presque 100 ans avant de pouvoir bénéficier de ces Eglise (2).jpgprécieuses « enluminures » que nous trouvons indispensables aujourd’hui, mais dont beaucoup de gens ignorent l’origine, à part quelques anciens témoins.

   L’histoire de ces vitraux commence dans les années 1930. L’abbé Jean-Baptiste DUPONT est alors curé à St André depuis 1915. Homme discret, effacé, généreux et d’après l’abbé Louis TRICOIRE « faire appel à la générosité de ses paroissiens, était pour lui un supplice ». Ce serait donc dans ses sermons du dimanche qu’il aurait insisté sur son désir d’améliorer l’église en la dotant de ces précieux éclairages.

   Ainsi chacune de ces œuvres « cache » une famille donatrice dont les contemporains ont probablement cherché la signature en observant le vitrail de près !

A tout seigneur, tout honneur :

            Saint Pierre et Saint André (côté place) :

Pierre tient évidemment la « clef du Royaume des cieux » et André sa croix particulière…

   Qui est derrière ? Pierre PAPIN, propriétaire terrien. Il adopta Paul NERRIERE, celui-là même qui devint maire de St André de 1945 à 1975.

            Sainte Rose de Lima et Saint René (nef sud) :

Rose nous vient de l’Amérique du XVII ème siècle. Et René GOUPIL est originaire d’Anjou, martyr des Iroquois au Canada en 1642.

   Mais qui sont les donateurs ? Des témoins autorisés y ont clairement reconnu René MORINIERE et sa femme Rose née RIPOCHE, grand-mère de Gérard GAUTIER. Ce serait le premier vitrail installé vers 1930.

            La Sainte Vierge Marie et le Prophète Elie (deuxième vitrail de la nef sud)

Curieux rapprochement entre ce vieux prophète des années 800 avant Jésus-Christ, emporté au ciel dans son « Char de feu » et la douce Marie, mère de Jésus, qu’on reverra aussi dans le vitrail du transept Nord, habillée comme à Lourdes.

   Des « experts » auraient reconnu la générosité d’Elie GAUTIER.

            Saint Hubert et Sainte Marguerite (en face, dans la nef nord)

Hubert (705 à 727) belge et pêcheur de son métier, a été immortalisé « patron des grandes chasses » par la hasard de l’histoire quand elle rejoint la légende. Et Marguerite (1647 – 1690) institua la dévotion au Sacré Cœur.

   En médaillon : Saint Olivier (1625 – 1681) Evêque d’Irlande, il est dans les premières victimes du conflit entre protestants et catholiques qui n’a malheureusement pas dit son dernier mot.

   C’est le cerf qui nous mettra sur la piste du donateur : M. DURAND qui adorait la chasse à courre dont Hubert est le saint patron, selon la légende : M. DURAND habitait près de la boulangerie actuelle.

   La femme de Joseph CHENE s’appelait Marguerite et ils avaient un fils portant le nom d’Olivier.

            Saint Augustin et Sainte Félicité (nef, premier vitrail côté Nord)

Augustin est le grand évêque d’Hippone en Algérie au IV ème siècle. Félicité, jeune martyre du début du III ème siècle dont le nom est toujours lié à sa compagne d’infortune Perpétue.

   En cherchant bien, nous découvrons au « verso » de ce vitrail de cordonnier Augustin BRIN dont l’épouse Félicité est décédée très jeune. Ils avaient une fille unique qui est entrée au Carmel.

            La Vierge de Lourdes et le Sacré Cœur (Transept nord)

Un joli vitrail qui rappelle des dévotions fortement imprégnées.

   Qui aurait offert ce vitrail ? Et pourquoi pas enfin la générosité publique ?

            Le baptême du Christ et Jean le Baptiste

(vitrail invisible, mais superbe, caché au dessus de la tribune du clocher)

   En 1936, la curé Jean-Baptiste DUPONT a 50 ans de sacerdoce et la paroisse lui aurait offert ce vitrail. Le soir de son jubilé, l’abbé DUPONT dira en toute modestie et avec un brin d’humour sans doute : « ce sont les premières vêpres de la mort ». Et il aura raison le 1er février 1937. En regardant de près ce vitrail, nous découvrons le nom de l’artiste dans doute BORDEREAU avec la date de 1937… ce serait donc un hommage au prêtre décédé après un ministère de 22 ans dans la paroisse.

            Les vitraux du Chœurs

   Ils ont été offerts par le curé DUPONT lui-même, sur ses propres deniers.

Merci à celles et ceux qui ont permis de retrouver quelques traces de cette histoire Andréataine inscrite dans la lumière des vitraux, mais mieux encore dans le cœur des témoins.

Signé : Abbé Jo Mauget, ancien prêtre de la paroisse Saint Benoît en Val de Moine, résidant au relais paroissial de Saint André.

chapelle.jpgLa chapelle Notre Dame de Pitié :

Rebâtie depuis, l’existence de la Chapelle existait déjà en 1580!